Le 19 septembre, nos deux derniers jeunes Balbuzards de la saison de réintroduction 2015 sont partis pour l’Afrique. Ce jour-là, l’équipe du projet a longuement observé PP1 et PP4 (d’après le code de leur bague couleur) avant que la femelle ne s’élève très haut dans le ciel et prenne le cap vers le sud. Quelques heures plus tard, le mâle a fait de même. La photo ci-dessus les montre peu avant leur départ, posés sur le toit de leur volière de lâcher. On distingue bien la différence de taille entre PP1, la femelle (à gauche), et PP4, le mâle. Depuis le 19 septembre, il a fallu attendre encore plusieurs jours avant d’être absolument sûr que l’heure du grand départ avait définitivement sonné. En effet, c’est un comportement classique chez les jeunes Balbuzards de faire des « faux départs », soit de disparaître pendant deux voire même trois jours, avant de revenir se nourrir au site de lâcher. Maintenant qu’il est certain que PP1 et PP4 sont partis, on leur souhaite bon vent, en espérant qu’ils échapperont aux nombreux risques auxquels est confronté tout Balbuzard depuis sa naissance.
Cette photo a été prise peu avant que PP5 n’entreprenne sa migration le 11 septembre. Nous avions construit deux nids devant les volières afin que les jeunes Balbuzards puissent bien les voir et s’habituer à leur proximité, et nous avons été enchantés de constater qu’ils se perchaient volontiers dessus (bien qu’il soit rare d’en voir trois ensemble sur un même nid).
Le sommet du nid, tel que vu par un oiseau.
En situation naturelle, les nids de Balbuzards sont bien sûr plus épais et comportent beaucoup plus de branches que sur cette photo. Nous avons construit ces deux durant le pic des grandes chaleurs de juillet 2015, ce qui a limité le volume de travail qu’on a alors pu faire. Il est d’ores et déjà certain que nous ferons mieux pour 2016 ! Vus depuis leur sommet, ces nids avaient quand-même l’air bien accueillants. Grand merci à Michel Beaud et à Pascal Rapin pour leur aide précieuse lors de leur construction avec Wendy Strahm et Denis Landenbergue, ainsi qu’aux Etablissements de Bellechasse qui ont fabriqué et installé ces plateformes.
Construction par 40° de température.
Pascal au pied d’un nid, tel que vu par un oiseau.
Les 8 et 11 août, les six Balbuzards dont nous avions pris le plus grand soin depuis leur arrivée en Suisse ont été relâchés. Certains, comme PP6, ont attendu une heure à peine avant de prendre leur premier vol, alors que d’autres sont restés dans leur cage pendant presque toute la journée avant de finalement s’envoler. Par exemple, on avait commencé à croire que PP4 ne se lancerait jamais, jusqu’à ce qu’à 18h30 il fasse subitement un décollage parfait, pour s’élever haut dans le ciel avant d’effectuer un atterrissage parfait sur le toit de sa volière. C’était comme s’il avait réfléchi à son envol durant toute la journée, tellement il semblait déterminé à en faire du premier coup une belle réussite. A ce stade du projet, les jeunes oiseaux sont nourris deux fois par jour avec des poissons entiers disposés à leur intention, une première fois juste avant l’aube puis une seconde fois en fin d’après-midi. Ils sont extrêmement sensibles aux dérangements et par conséquent l’équipe du projet les surveille en permanence. Il est impératif qu’ils ne soient pas effrayés par quoi que ce soit et qu’ils ne s’éloignent pas du lieu de réintroduction. Trois arbres morts avaient été “plantés” à leur intention près des volières. La photo ci-dessus a été prise alors que cinq jeunes étaient perchés ensemble.
Après quatre ans de préparatifs en vue de la réintroduction du Balbuzard en Suisse (un siècle après sa disparition), nous avons le plaisir de mettre en ligne le site internet www.balbuzards.ch.
Il a principalement pour but de documenter les différentes étapes du projet, tout en proposant aussi quelques nouvelles sur des activités de protection ou études conduites ailleurs sur le Balbuzard. Si tout va bien, nous espérons relâcher les premiers jeunes durant l’été 2015.