Un grand jour

Balbuzard Arthur F12 le jour qu'il est arrivé à Hagneck par Stéphane Aubrey

La saison Balbuzard semble commencer chaque année plus tôt. Après l’observation surprise de Pistache F11 en France le 11 mars, nous avons reçu une première bonne nouvelle de Suisse le 22 mars quand Martin Zimmerli a repéré Olympe F28 de retour à la Grande Cariçaie, au bord du lac de Neuchâtel. Ensuite le 24 mars, Fabian et David Grossenbacher ont observé un autre oiseau, sans doute Arthur F12, de retour à Hagneck. Ce qui n’a pas tardé à être confirmé par Stéphane Aubry, lorsqu’il a photographié non seulement Arthur (ci-dessus), mais également Racine F29. Le même jour, Martin Zimmerli a vu un Balbuzard au Fanel, vraisemblablement Racine même si ses bagues n’étaient pas visibles. Racine a toujours été très mobile, mais ce que nous aimerions vraiment c’est qu’il rencontre une femelle, pas juste un autre mâle!

Le 24 mars nous a aussi apporté des bonnes nouvelles d’Allemagne: Daniel Schmidt-Rothmund nous a annoncé que Chronos (ex-PS9) venait de revenir à son nid au Bade-Wurtemberg, 5 jours après le retour de son mâle (en 2024, elle était revenue 4 jours après lui). Son partenaire avait été baptisé « Kepler » l’année dernière, alors que le couple avait produit trois jeunes à l’envol. Espérons qu’ils aient une fois encore du succès cette année (voir ci-dessous une des premières images du couple prise cette année par piège photo).

Enfin Dominique Lorentz nous signale, depuis le département français de la Moselle, que Mouche PR4 et son mâle AM06 sont eux aussi bien revenus (le premier oiseau du couple a été vu le 17 mars, puis les deux ensemble le 19 mars). L’arbre mort sur lequel ils ont niché avec succès ces quatre dernières années étant tombé en janvier, ils sont en train de s’installer sur une plateforme construite « préventivement » pour eux il y a deux ans (alors qu’on pressentait que l’arbre ne résisterait pas longtemps). Même s’il est dommage que leur nid naturel ait disparu, le couple a tout de suite adopté cette plateforme pour y établir son nouveau nid, ce qui montre à quel point il est important de fournir des plateformes pour les Balbuzards.

Balbuzards Chronos (ex-PS9) et Kepler arrivent à leur nid en Bade-Wurtemberg
Balbuzards Chronos (ex-PS9) et Kepler arrivent à leur nid au Bade-Wurtemberg

Première surprise de l’année

Balbuzard Pistache F11 en migration en France

Un Balbuzard survolant la France avec une bague bleue à la patte droite, c’est ce que Stéphane Mikaelis a photographié le 11 mars 2025. L’oiseau volait en direction du nord (avec un bon repas dans les serres, voir photo ci-dessus), non loin du lac du Der dans le département français de la Meuse. Par chance sa bague de couleur était lisible: F11. Également connue sous le nom de Pistache, F11 est une femelle née en Norvège et transférée en Suisse le 5 juillet 2018. Après avoir été élevée dans les volières de Bellechasse puis relâchée le 14 août, elle était partie en migration le 8 septembre 2018. Presque sept ans se sont écoulés sans nouvelles d’elle, jusqu’à ce que nous recevions la superbe photo de  Stéphane. La découverte de Pistache porte le nombre  de nos oiseaux connus de retour en Europe à 12, ce qui correspond à un taux de 19,4%, très bon pour un projet de ce genre.

Il est bien connu que les mâles de Balbuzards sont très philopatriques, revenant presque toujours nicher dans la région de leur premier envol. Les femelles, par contre, vont d’habitude intégrer une autre population pour y trouver un partenaire. Pistache était-elle en route vers l’importante population de Balbuzards de l’Allemagne orientale, où une autre de nos femelle relâchée la même année, Plume (F02), avait déjà été observée se reproduisant?

En tout cas, 2018 avait été une année très spéciale, puisque c’était aussi celle de la réintroduction du mâle Arthur (F12), revenu en Suisse chaque année depuis 2020. Alors que les premiers Balbuzards de la saison ne devraient pas tarder à être vus en Suisse, on retient notre souffle pour qu’il revienne à nouveau ce printemps!

Balbuzard Pistache F11 poussin
Pistache F11 le jour où elle avait été collectée le 5 juillet 2018.

Hivernants en Afrique de l’Ouest

Où vont « nos » Balbuzards en hiver? Jusqu’à présent, au moins deux oiseaux relâchés en Suisse ont été observés en hivernage en Afrique de l’Ouest. John Wright avait d’abord photographié un mâle non identifié de 2016 dans le Parc National de la Langue de Barbarie, au Sénégal, en décembre 2016. Fusée (PR9), aussi de 2016 (le même oiseau?), avait ensuite été repéré environ 20 km plus loin dans la zone humide des Trois-Marigots par Jean-Marie Dupart en septembre et octobre 2018, et photographié au même endroit par Marc Steinmetz en février 2019. Ce fut ensuite au tour de Flamme (ex-KF6), de 2017, d’être photographié par Chris Wood et Joanna Dailey en Gambie, dans la zone humide de Gunjur Quarry, le 2 mars 2020.

En décembre 2024, nous (Denis Landenbergue et Wendy Strahm) avons passé trois semaines à prospecter le long des côtes de Mauritanie (avec Abou Gueye), du Sénégal (avec Jean-Marie Dupart) et de la Gambie (avec Fansu Bojang), dans l’espoir d’y trouver un de “nos” oiseaux. Sur un total de près de 400 Balbuzards recensés, nous avons pu lire les codes de 20 bagues de couleur au Sénégal et en Gambie, originaires d’Allemagne (8, avec bague noire à la patte gauche), d’Écosse (4, bague bleue à la patte gauche), de France (3, bague orange), d’Angleterre (3, bleue à la patte droite), du Pays de Galles (1, bleue à la patte droite) et de Norvège (1, noire à la patte droite).

Nous avons aussi vu 4 autres bagues de couleur sans pouvoir les lire en Mauritanie, 3 en Gambie et 6 au Sénégal. Plus de la moitié des oiseaux observés n’étaient pas bagués, et les autres étaient soit trop loin, soit leurs pattes n’étaient pas visibles. Ci-dessus, quelques photos de certains des oiseaux les plus coopératifs.

Nous attendons maintenant avec impatience la fin mars, quand les premiers Balbuzards commenceront à revenir. Comme d’habitude, afin de localiser les territoires d’estivants, nous organiserons deux “Matinées Balbuzard” cette année dans la région des Trois-Lacs et le bassin transfrontalier du Doubs, les dimanches 15 juin et 29 juin 2025. Plus de détails suivront, d’ici là merci de réserver déjà ces dates dans votre agenda!

Cap au Sud

Alors qu’il n’est jamais facile de savoir précisément quand « nos » Balbuzards partent vers le sud, grâce à plusieurs observateurs très enthousiastes nous sommes assez sûrs de quand ils ont commencé leur migration cette année. Arthur (F12) à son territoire habituel de Hagneck (photo ci-dessus) et Olympe (F28) à la Grande Cariçaie ont été vus pour la dernière fois le 6 septembre, alors que l’ultime observation de Racine (F29) date du 1er septembre. Vicky, la femelle immature qui a estivé dans la région des Trois-Lacs, où elle a été visitée par chacun de nos mâles au moins une fois, est partie plus tôt (comme les femelles tendent à le faire). Sa dernière observation date du 17 août.

Quant à nos deux femelles reproductrices connues hors de Suisse, Daniel Schmidt-Rothmund nous a signalé que la dernière image de Chronos (ex-PS9) par piège-photo a été prise le 13 août à son nid du Bade-Wurtemberg, et celle d’un de ses trois jeunes le lendemain 14. Une belle surprise a été de découvrir que l’un d’entre eux (identifié par le code de sa bague noire) a été vu le 24 août au delta de l’Ebre en Espagne, à plus de 1.100 km au sud-ouest de son lieu de naissance.

En Moselle, Dominique Lorentz nous a informé que Mouche (PR4) a été observée pour la dernière fois près de son nid le 30 août. Nous avons été enchantés d’apprendre que Patrick Roux l’avait ensuite photographiée le 6 septembre, en route vers le sud, dans le département français de Côte-d’Or (Bourgogne), à environ 240 km de distance de son territoire. Ses deux jeunes avaient été vus pour la dernière fois ensemble le 9 septembre près du nid, avant une ultime observation de l’un d’eux le 10. Avec la migration toujours en cours et la saison d’hivernage qui approche, nous espérons bien sûr avoir d’autres surprises ces prochains mois.

 

Un Balbuzard peut en cacher un autre

2 Balbuzards femelles Vicky et Cléo en Suisse 29 juillet 2024

Dans un secteur de la région des Trois-Lacs rarement visité par des observateurs, une femelle immature non baguée (baptisée Vicky) a été notée régulièrement à partir du 4 juillet (bien qu’elle ait vraisemblablement été là plus tôt) et vue pour la dernière fois le 17 août. Il semble qu’elle soit partie en migration vers le milieu du mois, mais sans qu’on sache exactement quand, étant donné sa discrétion.

Une belle surprise a été la visite, du 29 juillet au 2 août, d’une autre femelle non baguée (cette fois une adulte) dans le même secteur. Son plumage était bien distinct, avec un collier plus large et un marquage très différent sous les ailes (voir photo ci-dessus). Alors que nos trois mâles territoriaux ont été vus visitant le secteur fréquenté par ces femelles, aucun vol de parade ou autre comportement nuptial n’a été remarqué – peut-être du fait que Vicky était encore immature.

Sans pouvoir lire une bague de couleur, ou comparer le plumage de chaque oiseau à partir de photos, il est très difficile de distinguer un Balbuzard d’un autre. Le défi de reconnaître les oiseaux locaux devient d’autant plus grand quand la migration d’automne est en cours, avec des oiseaux venus d’ailleurs traversant la Suisse et faisant parfois escale quelques jours.

A ce jour nos trois mâles sont toujours dans les parages : Arthur F12 (dernière observation sûre en 2023 le 1er septembre, et peut-être même le 10), Olympe F28 (dernière observation en 2023  le 29 août), et Racine F29 (vu pour la dernière fois en 2023 le 5 septembre). Tous les trois se préparent maintenant à bientôt migrer!

Un bon mois côté femelles

Balbuzard femelle pas baguée Vicky sur l'Aare, Suisse le 7 juillet 2024

Alors que le mois dernier, les mâles ont fait la une de l’actualité lors des deux matinées Balbuzard des 2 juin et 23 juin, c’est au tour des femelles d’être sous le feu les projecteurs en juillet.

Mouche (PR4) en France, et Chronos (ex-PS9) en Allemagne, ont à nouveau réussi toutes les deux leur nidification.  De Moselle, Dominique Lorentz nous informe que Mouche et son partenaire AM06 ont mené 2 jeunes à l’envol peu avant le 8 juillet, vers le même moment et sur le même nid que l’an dernier. Du Bade-Wurtemberg, Daniel Schmidt-Rothmund nous signale que les 3 jeunes de Chronos et de son mâle (récemment baptisé Kepler) ont bien pris leur envol  avant le 17 juillet, vers les mêmes dates et sur la même plateforme que l’année dernière. Avec de nouveau 5 jeunes produits en 2024 par deux de nos femelles (en plus des 5 autres déjà envolés en 2023), nous  espérons quelques d’intéressants retours dans les années à venir !

Dans la région suisse des Trois-Lacs, une femelle non baguée (baptisée Vicky d’après son collier en forme de V qui la rend facile à reconnaître) a séjourné depuis le 4 juillet au moins, date à laquelle elle a été photographiée par Claudine Waespe et Urs Meier. Depuis lors elle a été régulièrement observée, et il se peut qu’elle ait même été là bien plus tôt, un habitant local fiable nous ayant signalé en mai déjà qu’il voyait souvent un Balbuzard dans ce secteur, voire parfois deux. Pour en savoir plus sur les habitudes de cette femelle, et essayer d’observer d’éventuelles interactions avec l’un ou l’autre de nos mâles, une « mini-matinée Balbuzard » a été organisée le 14 juillet, grâce à la participation de 19 observateurs – un nombre remarquable pour un mois durant lequel tant d’ornithologues ont tendance à s’absenter pour des vacances. Nous savons que Vicky a déjà rencontré Racine (F29) au moins une fois, et peut-être aussi Arthur (F12). Pour le moment elle paraît toutefois préférer la solitude. Elle est de toute évidence célibataire et vraisemblablement encore immature – le type de « profil » idéal qui pourrait  augmenter les chances qu’elle revienne dans la région et y cherche un partenaire l’année prochaine.

Il y a aussi eu cet été plus d’observations de Balbuzards « étrangers » que d’habitude, en particulier aux environs des Trois-Lacs, avec quelques-uns également aux alentours du Doubs. La présence de mâles réintroduits pourrait bien avoir une influence positive à cet égard, et de toute évidence plus nombreux sont les mâles territoriaux, plus grandes sont les chances qu’ils attirent l’attention de femelles non encore « fixées ».

Les premiers migrateurs commencent déjà à traverser la Suisse vers le sud, ce qui rend plus difficile de différencier des Balbuzards estivant dans la région et des oiseaux qui ne sont que de passage. La  période n’en reste pas moins favorable aux surprises, donc merci de continuer à partager ou à poster sur www.ornitho.ch toute observation de l’espèce, en  précisant l’heure de chacune d’elles, et autant que possible si l’oiseau est bagué ou pas. L’été est enfin arrivé!

Trois mâles identifiés

Arthur F12 avec branche à Hagneck, Suisse pendant la Matinée Balbuzard

La motivation était si grande pour la deuxième Matinée Balbuzard de cette année le 23 juin que plusieurs des 51 participants sont arrivés avant l’aube. Les Balbuzards ont suivi peu après, le premier (le plus probablement Olympe) pêchant déjà à la Grande Cariçaie à 5h23, avant d’être perdu de vue puis retrouvé avec un poisson à 6h00. A Hagneck, Arthur avait même pris son petit déjeuner plus tôt, se montrant et criant en vol à 5h30 avec un poisson dans les serres, rapidement consommé et terminé à 6h06. Un troisième Balbuzard (le plus probablement Racine) a été signalé au Fanel à partir de 5h47, tranquillement perché la plupart du temps sur un arbre mort jusqu’à 8h27. Il s’est alors envolé en direction du nord-est vers le canal de la Thielle, où une autre équipe l’a vu cerclant avec un Milan noir de 8h34 à 8h40, avant de disparaître semble-t-il en direction du lac de Bienne. Donc avant 6h00 déjà, trois Balbuzards différents avaient été notés, vraisemblablement nos trois mâles connus – bien que trop loin pour voir ou lire leurs bagues.

A Hagneck, Arthur a été observé plusieurs fois transportant des branches (photo ci-dessus) jusqu’à 8h21, après quoi il a disparu, peut-être derrière l’île boisée où nous savons qu’il essaie de construire un nid – pour la troisième année de suite – sur un fragile arbre mort. Puis juste avant la fin « officielle » de la surveillance à 10h00, la surprise du jour est intervenue quand deux Balbuzards ont été vus depuis Lüscherz, cerclant ensemble au-dessus d’Hagneck, où au moins un des deux oiseaux criait. L’un d’eux était clairement Arthur, et l’autre, parti ensuite en direction de Twann, portait aussi une bague bleue, s’agissant donc probablement de Racine.

Un des précieux résultats de cette Matinée Balbuzard est la confirmation qu’Olympe (régulièrement vu amenant des branches sur deux plateformes de nid distantes de près de 2,5 km l’une de l’autre) est aussi en train de construire un nouveau nid naturel, à presque 2 km plus loin. Ce qui signifie que son territoire s’étend sur plus de 5 km de longueur de la Grande Cariçaie. Avec maintenant trois nids à choix pour courtiser une femelle de passage, cela montre à quel point Olympe est motivé !

D’autres équipes étaient postées en divers points le long du Doubs (difficiles à surveiller à cause du relief et des nombreux méandres) et dans le bassin du Drugeon, deux secteurs où Flamme (qui a perdu sa bague bleue) avait été vu ces dernières années. Cependant aucun Balbuzard n’a été repéré là-bas le 23 juin, bien qu’un individu peut-être bagué y avait été observé les 11 et 12 juin. La question de savoir si Flamme est revenu cette année demeure donc ouverte.

Grand merci encore à la fabuleuse équipe levée très tôt pour participer aux recherches du 23 juin. Avec ou sans Balbuzard à la clé, leurs observations ont été très utiles – et nous avons encore le reste de l’été pour clarifier peut-être certains autres mystères.

Une matinée bien arrosée

Pour la première fois, la météo a été franchement infecte lors de la première Matinée Balbuzard de cette année le 2 juin, la plupart des 53 participants volontaires faisant preuve d’un engagement impressionnant, tout en se faisant copieusement tremper pour l’occasion. Néanmoins malgré la météo peu amène, de précieuses données sur au moins trois de nos mâles connus ont pu être collectées dans la région des Trois-Lacs. Il n’y en a toutefois pas eu dans les bassins du Doubs et du Drugeon en France voisine, ni dans le Jura suisse, les conditions étant même pires là-bas qu’en plaine.

Comme presque toujours, Arthur (F12) n’a pas déçu à Hagneck. Un Balbuzard (très probablement lui) y a été repéré à trois reprises entre 6h15 et 6h50, bien que trop loin pour voir des bagues. Mais juste au moment où les observateurs se déplaçaient vers un meilleur point de vue, il en a bien sûr profité pour disparaître ! Finalement Arthur (cette fois sa bague à pu être lue) est apparu avec un gros poisson, qu’il a mangé avant de se toiletter jusque bien après la fin « officielle » de la Matinée Balbuzard à 10h00.

A la Grande Cariçaie où Olympe (F28) a son territoire, un Balbuzard a d’abord été vu à 5h38, survolant une vaste zone avec un petit poisson dans les serres et se montrant à plusieurs équipes d’observateurs avant de disparaître vers l’arrière-pays à 6h08. Après quoi vers 7h30, un Balbuzard (sans doute le même) a été retrouvé, d’abord perché et capturant ensuite un énorme poisson. Il a dès lors pris tout son temps pour le manger et le digérer, avant de se toiletter jusque bien après 11h30, quand le dernier observateur tenace a plié bagages pour rentrer chez lui. Bien que la bague bleue à sa patte droite n’ait pas pu être lue, il s’agissait presque certainement d’Olympe.

Racine (F29) s’est montré à Bellechasse de 6h00 à 6h43, se toilettant et sans poisson, ayant peut-être déjà mangé son petit déjeuner ailleurs. Il n’a pas été revu ensuite jusqu’à 10h02, s’étant peut-être caché dans un arbre sous la pluie diluvienne ? En tout cas il ne s’est pas montré à la réserve du Fanel (un de ses lieux de pêche favoris), ni au lac de Morat où sur l’Aar près de Niederried où l’on sait qu’il pêche parfois aussi.

Grand merci à une équipe incroyablement dévouée (voir ci-dessus quelques souvenirs partagés de cette matinée très arrosée). Nous aurons peut-être d’autres surprises (et presque sûrement un meilleur temps) à la prochaine Matinée Balbuzard prévue le 23 juin. Si vous êtes prêt à vous lever avant l’aube, et à venir aider (jusqu’à 10h00) à clarifier les territoires connus de Balbuzards voire même à en découvrir d’autres, n’hésitez pas à nous le signaler ici !

 

Erratisme et naissances

Balbuzard CG07 d'Allemagne à Lobsigensee par Sibylle Zwygart

Plusieurs Balbuzards « étrangers » ont été vu en Suisse ce mois, vraisemblablement des immatures revenant pour la première ou la deuxième fois en Europe, certains d’entre eux étant des femelles. De tels oiseaux ne sont pas encore territoriaux et pourraient potentiellement s’apparier avec un de nos mâles célibataires (ce qui s’était déjà produit au printemps dernier pendant deux semaines).

Au moins trois de ces Balbuzards en erratisme avaient été bagué en Allemagne. D’après les codes qui ont pu être lus, deux sont âgés de 2 ans (voir ci-dessus photo de l’un d’entre eux par Sibylle Zwygart), probablement dans leur première migration de retour d’Afrique, et un de 3 ans. Les individus de 2 ans sont nés dans l’Etat de Mecklenburg-Vorpommern (à 808 et 858 km), et celui de 3 ans dans celui de Sachsen (à 670 km). Grand merci à la station de baguage de Hiddensee pour l’envoi rapide de ces informations.

Entretemps nos mâles continuent de parader et de transporter des branches pour recharger des plateformes ou construire un nid, l’un d’eux ayant été vu en compagnie d’une de ces femelles non « fixées ». Si jusqu’à présent nous n’avons pas trouvé de couple nicheur en Suisse, il reste toujours du temps – jusqu’en août – pour qu’une paire se forme.

Quant à nos femelles, elles restent en avance sur nos mâles. Dominique Lorentz nous a annoncé le 14 mai que Mouche (PR4) et son partenaire nourrissaient au moins deux poussins sur le même nid que ces dernières années en Moselle (France). Et Daniel Schmidt-Rothmund nous a signalé que Chronos (ex-PS9) et son mâle ont probablement eu trois poussins sur leur plateforme de nidification du Bade-Wurtemberg (Allemagne).

Femelles plus efficaces (quoi de neuf?)

Racine F29 Balbuzard en vol sur place Fanel Switzerland par Wendy Strahm

Après les arrivées précoces d’Arthur (F12) et d’Olympe (F28) en mars, Racine (F29) a été confirmé pour la première fois de retour le 5 avril. Ces trois males occupent des territoires dans la région des Trois-Lacs, s’activant à transporter des matériaux de construction de nid et à scruter le ciel à la recherche d’une femelle de passage. Racine (photo ci-dessus) est régulièrement vu pêchant dans la réserve naturelle du Fanel, où Olympe peut parfois aussi être observé. Perpétuant une tradition bien établie, Arthur se laisse facilement admirer à Hagneck – pour le plus grand plaisir des ornithologues comme des photographes.

Il n’est pas facile de différencier un Balbuzard d’un autre, surtout en période de migration comme celle en cours actuellement. Pour aider avec le suivi du projet, merci d’avance si vous pouvez noter l’heure de chaque observation, et si possible si l’oiseau est bagué ou pas.

Alors que nos mâles sont encore célibataires, nos femelles Mouche (PR4) en France, et Chronos (ex-PS9) en Allemagne, sont toutes les deux en train de couver. En Moselle, Dominique Lorentz nous signale que l’incubation a démarré depuis le 7 avril au moins pour Mouche. Du Bade-Wurtemberg, Daniel Schmidt-Rothmund nous a envoyé la première image prise par piège photo de Chronos couvant le 10 avril. Compte tenu d’une durée d’incubation de 36-42 jours pour cette espèce, nous espérons avoir de bonnes nouvelles, si tout se passe bien, à partir de mi-mai.

The Osprey in Switzerland